« Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier » — tout le monde connaît la phrase. Peu d'épargnants la mettent en pratique correctement. Diversifier mal, c'est souvent pire que ne pas diversifier du tout : cela donne l'illusion de la sécurité sans la fournir.
Le principe — pas de corrélation, pas de diversification
La diversification ne vient pas du nombre de fonds mais de leur indépendance statistique. Si vous avez trois fonds Actions marocains, même de trois sociétés de gestion différentes, vous êtes très peu diversifié : ils chutent ensemble en cas de crash de la Bourse de Casablanca.
À l'inverse, un fonds Actions + un fonds OMLT + un fonds Monétaire sont faiblement corrélés : quand les actions baissent, les obligations peuvent monter, le monétaire reste stable.
L'allocation — la décision la plus importante
La répartition entre grandes catégories (actions / obligations / monétaire) explique plus de 80 % de la performance à long terme d'un portefeuille. Plus que le choix des fonds à l'intérieur de chaque catégorie. Quelques repères :
- Profil prudent — 10-20 % Actions, 40-50 % Obligataire (OMLT + OCT), 30-50 % Monétaire
- Profil équilibré — 30-50 % Actions, 30-50 % Obligataire, 10-20 % Monétaire
- Profil dynamique — 60-80 % Actions, 15-30 % Obligataire, 5-10 % Monétaire
Ne pas sur-diversifier
Au-delà de 6-8 fonds bien choisis, la diversification marginale devient négligeable. Vous ajoutez du coût de suivi sans gagner en sécurité. Un portefeuille de 3-5 fonds bien répartis entre catégories bat souvent un portefeuille de 15 fonds qui se recoupent.
Rebalancer une fois par an
Avec le temps, les proportions dérivent : les actions montent, leur poids relatif augmente, votre portefeuille devient plus risqué qu'à l'origine. Le rebalancement annuel consiste à vendre un peu de ce qui a monté et à racheter ce qui a baissé, pour revenir aux proportions cibles. Contre-intuitif, mais statistiquement gagnant sur la durée.