Vous venez d'hériter, de vendre un bien, de recevoir une prime importante. Vous voulez l'investir en fonds. Question classique : vaut-il mieux tout placer d'un coup (lump-sum, LS) ou étaler sur 6 à 12 mois (dollar-cost averaging, DCA) ?
La théorie statistique
Les marchés sont haussiers plus souvent que baissiers sur le long terme. Statistiquement, investir d'un coup bat le DCA dans environ 2 cas sur 3, parce que vous êtes exposé plus tôt à la hausse. Sur un grand nombre d'investisseurs et sur longue période, le lump-sum l'emporte.
Mais la statistique n'est pas la vie
L'argument contre : si vous avez la malchance d'investir en haut de cycle, le DCA protège contre la douleur. Quand on regrette d'avoir tout placé le 31 décembre 2007 avant la crise de 2008, on se moque de savoir que « en moyenne » le LS est meilleur.
Le DCA est moins une optimisation statistique qu'un mécanisme psychologique qui vous évite de vendre au pire moment. Si vous savez que vous paniqueriez après une chute de 15 %, le DCA est votre assurance anti-erreur de comportement.
La règle pragmatique
- Montant faible, profil équilibré → lump-sum, simple et efficace.
- Montant significatif vs votre patrimoine existant → DCA sur 6-12 mois. La tranquillité psychologique vaut l'espérance de rendement perdue.
- Marchés au sommet historique ou incertitude macro élevée → DCA, même pour des montants modérés.
- Investissement régulier de votre revenu → DCA par définition (vous ne pouvez pas lump-sum ce qui n'est pas encore gagné).
Le cas marocain
Le MASI présente historiquement des périodes de latence longues, avec des corrections marquées. Sur les 20 dernières années, il y a eu 3 phases de drawdown supérieur à 20 %. Dans ce contexte, le DCA sur Actions marocaines a été régulièrement plus confortable que le LS — même si en moyenne sur cycle complet le LS garde son avantage théorique.